Vince per ùn more
(accords, sunemu.net)
Lam
Eri curria un fiume quindi
Lam
Un si ne scordi mai nimu
Fa/Do
Quant'ellu carriava à limbu
Mi/Lam
Omi in dinochje è capighjimbi
Babboni zimbi d'oppressione
Travagliadori li sfruttati
E giovani sparamundati
Cun quelli senza stentapane
Ripigliu
Rém/Lam - Do/Sol
Oghje corre oghje corre
Rém/Lam
U fiume chì và
Fa/Do/Sol/Lam
Vince per un more, hè fiume unità
Fa/Do/Rém/Lam
Vince per un more, hè fiume unità
U nostru fiume corre unu
A sbuccà in li ghjorni più chjari
D'omi è di donne core pari
Uniti in lu vulè cummunu.
L'avvene ci aspetta bramosu
Di populi senza catene
Cun elli ci seremu à tene
Un mondu ghjustu è generosu.
Ripigliu
Oghje corre oghje corre
U fiume chì và
Vince per un more, hè fiume unità
Vince per un more, hè fiume unità
TRADUCTION
Vaincre pour ne pas mourir
Par ici courrait un fleuve
Personne n'a oublié
Quand il charriait aux limbes
Hommes à genoux, têtes baissées
Et aujourd'hui court
Le fleuve qui va
Vaincre pour ne pas mourir, c'est le fleuve de l'unité
Pères fourbus d'oppression
Travailleurs exploités
Et jeunesse désabusée
Et les sans gagne-pain
Notre fleuve court seul
Pour arriver à des jours meilleurs,
D'hommes et de femmes de cœur
Unis dans le devoir commun
L'avenir nous attend, avide
De peuples sans chaîne
Avec eux nous saurons garder
Un monde juste et généreux
Voce muntagnole.
Què sò voce muntagnole Spurgulate di cannella
Beienu tutte le mane à l'acqua di funtanella
à lu frescu di lu fou Intonanu a so paghjella
Pour mon petit garçon, pour les autres aussi, je le sais, à Noël, on est tout petit.
BABBUCCIU NATALE
In'ssa vigilia di natale
a neve ammanta u casale
cù li so fiocculi d'argentu
accumpagnati da u ventu
in casa à a luce d'una veghja
un zitellucciu sunnieghja
fala babucciu natale
da li monti è da le valle
per sparte gioia è piacè
fate ch'ell'ùn si scordi di mè
vegu u so cariolu
pè i sarri di Niolu
a i cunfini di l'albore
quandu u Cintu cambia di culore
Chjoccanu è campane di u paese
in quellu mumentu divinu
si move a ghjente i cironi accesi
sta notte hè natu u Bambinu
fala babucciu natale
da li monti è da le valle
per sparte gioia è piacè
fate ch'ell'ùn si scordi di mè
vicinu à l'anticu fucone
in bracciu di lu mè babbone
cum'è una fiaccula di vita
una carezza infinita
ghjuvellu di una famiglia
d'amore è pace ùn c'hè sumiglia
Lam Mim
Derrière des barreaux
DO (C/E)
Pour quelques mots
Sol4 Sol
Qu'il pensait si fort
Rém(/Fa) Sib
Dehors, dehors il fait chaud
Sib7
Des milliers d'oiseaux
Mi7
S'envolent sans effort
Lam Mim
Quel quel est ce pays
DO (C/E)
Où frappe la nuit
Sol4 Sol
La loi du plus fort
Rém(/Fa) Sib
Diego, libre dans sa tête
Sib7
Derrière sa fenêtre
Mi7
S'endort peut-être
Lam Mim
Et moi qui danse la vie
DO (C/E)
Qui chante et qui ris
Sol4 Sol
Je pense à lui
Rém(/Fa) Sib
Diego, libre dans sa tête
Sib7
Derrière sa fenêtre
Mi7 Am
Déjà mort, peut-être
Artiste : Michel Berger
Titre : Diégo, libre dans sa tête
Tonalité originale en Cm, transposée en Am avec capo en 3ème case.
DO
Rivecu a mio Mamma
DO
Bella cume a trent'anni
DO/DO7
Incu li so fiori in pettu
DO7/FA
Colti da matina
FA
E rivecu u mio babbu
FA/DO
Incu stu cappelu negru
DO/SOL
Chi cullava in paese
SOL/DO
Tra mezu a lè vigne
DO/FA/DO
U fiume di la vita
Corre troppu in furia
Oghje annu tutt'a qui
I cappeli di nebia
Ma ciu i vecu sempre
Cun l'ochji d'un zitellu
E quandu pensu a què
Mi vene a nostalgia…
Dule voghje, e un sulaghju
E un vechju scalone
A casa in duv'e so natu
Un'era un palazzu
Rigali per Natale
Ci n'era pocu, e mica
Ma, aghju campatu qui
I piu bell'anni di a mio vita
Un'era la miseria
Benchi s'assumigliava
Ma c'era sempre u sole
Po c'era l'amicizia
In stu paese persu
In stu paese caru
E quandu pensu a què
Mi vene nostalgia…
Ma quandu pensu a tè
Tandu mi scappa u pientu
Tuttu st'amore persu
Un'mi nè possu scurda
Ma quandu pensu a tè
Si calmanu li venti
Si spenghenu li fochi
E nasce a nostalgia…
E rivecu li vechji
Chi si ne so andati
Per ste machje fiurite
Quassù in paradisu
S'anu lasciatu qui
Troppu piazze viote
Cun'elli Gesu Cristu
Parlara u corsu
Dumé s'he spatriatu
Antone si n'hè mortu
A scola l'annu chjosa
Un'c'era che tre zitelli
Un pinzuttu ha compratu
Ind'e lu c'era u mulinu
E quandu pensu a què
Mi vene a nostalgia…
Je me propose, sans être ému, de déclamer à grande voix la strophe sérieuse et froide que vous allez entendre. Vous, faites attention à ce qu’elle contient, et gardez-vous de l’impression pénible qu’elle ne manquera pas de laisser, comme une flétrissure, dans vos imaginations troublées. Ne croyez pas que je sois sur le point de mourir, car je ne suis pas encore un squelette, et la vieillesse n’est pas collée à mon front. Écartons en conséquence toute idée de comparaison avec le cygne, au moment où son existence s’envole, et ne voyez devant vous qu’un monstre, dont je suis heureux que vous ne puissiez apercevoir la figure ; mais, moins horrible est-elle que son âme. Cependant, je ne suis pas un criminel… Assez sur ce sujet. Il n’y pas longtemps [ page ]que j’ai revu la mer et foulé le pont des vaisseaux, et mes souvenirs sont vivaces comme si je l’avais quittée la veille. Soyez néanmoins, si vous le pouvez, aussi calmes que moi, dans cette lecture que je me repens déjà de vous offrir, et ne rougissez pas à la pensée de ce qu’est le cœur humain. Ô poulpe, au regard de soie ! toi, dont l’âme est inséparable de la mienne ; toi, le plus beau des habitants du globe terrestre, et qui commandes à un sérail de quatre cents ventouses ; toi, en qui siégent noblement, comme dans leur résidence naturelle, par un commun accord, d’un lien indestructible, la douce vertu communicative et les grâces divines, pourquoi n’es-tu pas avec moi, ton ventre de mercure contre ma poitrine d’aluminium, assis tous les deux sur quelque rocher du rivage, pour contempler ce spectacle que j’adore !
Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre : j’aime cette comparaison. Ainsi, à ton premier aspect, un souffle prolongé de tristesse, qu’on croirait être le murmure de ta brise suave, passe, en laissant des ineffaçables traces, sur l’âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu’on s’en rende toujours compte, les rudes commencements de l’homme, où il fait connaissance [ page ]avec la douleur, qui ne le quitte plus. Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, ta forme harmonieusement sphérique, qui réjouit la face grave de la géométrie, ne me rappelle que trop les petits yeux de l’homme, pareils à ceux du sanglier pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour la perfection circulaire du contour. Cependant, l’homme s’est cru beau dans tous les siècles. Moi, je suppose plutôt que l’homme ne croit à sa beauté que par amour-propre ; mais, qu’il n’est pas beau réellement et qu’il s’en doute ; car, pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de mépris ? Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d’une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Tu n’es pas comme l’homme qui s’arrête dans la rue, pour voir deux boule-dogues s’empoigner au cou, mais, qui ne s’arrête pas, quand un enterrement passe ; qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur ; qui rit aujourd’hui et pleure demain. Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, il n’y aurait rien d’impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l’homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des [ page ]sciences naturelles les mille secrets de ton intime organisation : tu es modeste. L’homme se vante sans cesse, et pour des minuties. Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, les différentes espèces de poissons que tu nourris n’ont pas juré fraternité entre elles. Chaque espèce vit de son côté. Les tempéraments et les conformations qui varient dans chacune d’elles, expliquent, d’une manière satisfaisante, ce qui ne paraît d’abord qu’une anomalie. Il en est ainsi de l’homme, qui n’a pas les mêmes motifs d’excuse. Un morceau de terre est-il occupé par trente millions d’êtres humains, ceux-ci se croient obligés de ne pas se mêler de l’existence de leurs voisins, fixés comme des racines sur le morceau de terre qui suit. En descendant du grand au petit, chaque homme vit comme un sauvage dans sa tanière, et en sort rarement pour visiter son semblable, accroupi pareillement dans une autre tanière. La grande famille universelle des humains est une utopie digne de la logique la plus médiocre. En outre, du spectacle de tes mamelles fécondes, se dégage la notion d’ingratitude ; car, on pense aussitôt à ces parents nombreux, assez ingrats envers le Créateur, pour abandonner le fruit de leur misérable union. Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, ta grandeur matérielle ne peut se comparer qu’à la mesure qu’on se fait de ce qu’il a [ page ]fallu de puissance active pour engendrer la totalité de ta masse. On ne peut pas t’embrasser d’un coup d’œil. Pour te contempler, il faut que la vue tourne son télescope, par un mouvement continu, vers les quatre points de l’horizon, de même qu’un mathématicien, afin de résoudre une équation algébrique, est obligé d’examiner séparément les divers cas possibles, avant de trancher la difficulté. L’homme mange des substances nourrissantes, et fait d’autres efforts, dignes d’un meilleur sort, pour paraître gras. Qu’elle se gonfle tant qu’elle voudra, cette adorable grenouille. Sois tranquille, elle ne t’égalera pas en grosseur ; je le suppose, du moins. Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, tes eaux sont amères. C’est exactement le même goût que le fiel que distille la critique sur les beaux-arts, sur les sciences, sur tout. Si quelqu’un a du génie, on le fait passer pour un idiot ; si quelque autre est beau de corps, c’est un bossu affreux. Certes, il faut que l’homme sente avec force son imperfection, dont les trois quarts d’ailleurs ne sont dus qu’à lui-même, pour la critiquer ainsi ! Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, les hommes, malgré l’excellence de leurs méthodes, ne sont pas encore parvenus, aidés par les moyens d’investigation de la science, à mesurer la profondeur vertigineuse de tes abîmes ; tu en as que les sondes les plus longues, les plus [ page ]pesantes, ont reconnu inaccessibles. Aux poissons… ça leur est permis : pas aux hommes. Souvent, je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître : la profondeur de l’océan ou la profondeur du cœur humain ! Souvent, la main portée au front, debout sur les vaisseaux, tandis que la lune se balançait entre les mâts d’une façon irrégulière, je me suis surpris, faisant abstraction de tout ce qui n’était pas le but que je poursuivais, m’efforçant de résoudre ce difficile problème ! Oui, quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux : l’océan ou le cœur humain ? Si trente ans d’expérience de la vie peuvent jusqu’à un certain point pencher la balance vers l’une ou l’autre de ces solutions, il me sera permis de dire que, malgré la profondeur de l’océan, il ne peut pas se mettre en ligne, quant à la comparaison sur cette propriété, avec la profondeur du cœur humain. J’ai été en relation avec des hommes qui ont été vertueux. Ils mouraient à soixante ans, et chacun ne manquait pas de s’écrier : « Ils ont fait le bien sur cette terre, c’est-à-dire qu’ils ont pratiqué la charité : voilà tout, ce n’est pas malin, chacun peut en faire autant. » Qui comprendra pourquoi deux amants qui s’idolâtraient la veille, pour un mot mal interprété, s’écartent, l’un vers l’orient, l’autre vers l’occident, avec les aiguillons de la haine, de la vengeance, de l’amour et du remords, et ne se revoient [ page ]plus, chacun drapé dans sa fierté solitaire. C’est un miracle qui se renouvelle chaque jour et qui n’en est pas moins miraculeux. Qui comprendra pourquoi l’on savoure non seulement les disgrâces générales de ses semblables, mais encore les particulières de ses amis les plus chers, tandis que l’ont est affligé en même temps ? Un exemple incontestable pour clore la série : l’homme dit hypocritement oui et pense non. C’est pour cela que les marcassins de l’humanité ont tant de confiance les uns dans les autres et ne sont pas égoïstes. Il reste à la psychologie beaucoup de progrès à faire. Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, tu es si puissant, que les hommes l’ont appris à leurs propres dépens. Ils ont beau employer toutes les ressources de leur génie… incapables de te dominer. Ils ont trouvé leur maître. Je dis qu’ils ont trouvé quelque chose de plus fort qu’eux. Ce quelque chose a un nom. Ce nom est : l’océan ! La peur que tu leur inspires est telle, qu’ils te respectent. Malgré cela, tu fais valser leurs plus lourdes machines avec grâce, élégance et facilité. Tu leur fais faire des sauts gymnastiques jusqu’au ciel, et des plongeons admirables jusqu’au fond de tes domaines : un saltimbanque en serait jaloux. Bienheureux sont-ils, quand tu ne les enveloppes pas définitivement dans tes plis bouillonnants, pour aller voir, sans chemin de fer, dans tes entrailles [ page ]aquatiques, comment se portent les poissons, et surtout comment ils se portent eux-mêmes. L’homme dit : « Je suis plus intelligent que l’océan. » C’est possible ; c’est même assez vrai ; mais l’océan lui est plus redoutable que lui à l’océan : c’est ce qu’il n’est pas nécessaire de prouver. Ce patriarche observateur, contemporain des premières époques de notre globe suspendu, sourit de pitié, quand il assiste aux combats navals des nations. Voilà une centaine de léviathans qui sont sortis des mains de l’humanité. Les ordres emphatiques des supérieurs, les cris des blessés, les coups de canon, c’est du bruit fait exprès pour anéantir quelques secondes. Il paraît que le drame est fini, et que l’océan a tout mis dans son ventre. La gueule est formidable. Elle doit être grande vers le bas, dans la direction de l’inconnu ! Pour couronner enfin la stupide comédie, qui n’est même pas intéressante, on voit, au milieu des airs, quelque cigogne, attardée par la fatigue, qui se met à crier, sans arrêter l’envergure de son vol : « Tiens !… je la trouve mauvaise ! Il y avait en bas des points noirs ; j’ai fermé les yeux : ils ont disparu. » Je te salue, vieil océan !
Vieil océan, ô grand célibataire, quand tu parcours la solitude solennelle de tes royaumes flegmatiques, tu t’enorgueillis à juste titre de ta magnificence native, et des éloges vrais que je m’empresse de te donner. Balancé voluptueusement par les [ page ]molles effluves de ta lenteur majestueuse, qui est le plus grandiose parmi les attributs dont le souverain pouvoir t’a gratifié, tu déroules, au milieu d’un sombre mystère, sur toute ta surface sublime, tes vagues incomparables, avec le sentiment calme de ta puissance éternelle. Elles se suivent parallèlement, séparées par de courts intervalles. À peine l’une diminue, qu’une autre va à sa rencontre en grandissant, accompagnées du bruit mélancolique de l’écume qui se fond, pour nous avertir que tout est écume. (Ainsi, les êtres humains, ces vagues vivantes, meurent l’un après l’autre, d’une manière monotone ; mais, sans laisser de bruit écumeux). L’oiseau de passage se repose sur elles avec confiance, et se laisse abandonner à leurs mouvements, pleins d’une grâce fière, jusqu’à ce que les os de ses ailes aient recouvré leur vigueur accoutumée pour continuer le pèlerinage aérien. Je voudrais que la majesté humaine ne fût que l’incarnation du reflet de la tienne. Je demande beaucoup, et ce souhait sincère est glorieux pour toi. Ta grandeur morale, image de l’infini, est immense comme la réflexion du philosophe, comme l’amour de la femme, comme la beauté divine de l’oiseau, comme les méditations du poète. Tu es plus beau que la nuit. Réponds-moi, océan, veux-tu être mon frère ? Remue-toi avec impétuosité… plus… plus encore, si tu veux que je te compare à la vengeance de Dieu ; allonge tes griffes [ page ]livides, en te frayant un chemin sur ton propre sein… c’est bien. Déroule tes vagues épouvantables, océan hideux, compris par moi seul, et devant lequel je tombe, prosterné à tes genoux. La majesté de l’homme est empruntée ; il ne m’imposera point : toi, oui. Oh ! quand tu t’avances, la crête haute et terrible, entouré de tes replis tortueux comme d’une cour, magnétiseur et farouche, roulant tes ondes les unes sur les autres, avec la conscience de ce que tu es, pendant que tu pousses, des profondeurs de ta poitrine, comme accablé d’un remords intense que je ne puis pas découvrir, ce sourd mugissement perpétuel que les hommes redoutent tant, même quand ils te contemplent, en sûreté, tremblants sur le rivage, alors, je vois qu’il ne m’appartient pas, le droit insigne de me dire ton égal. C’est pourquoi, en présence de ta supériorité, je te donnerais tout mon amour (et nul ne sait la quantité d’amour que contiennent mes aspirations vers le beau), si tu ne me faisais douloureusement penser à mes semblables, qui forment avec toi le plus ironique contraste, l’antithèse la plus bouffonne que l’on ait jamais vue dans la création : je ne puis pas t’aimer, je te déteste. Pourquoi reviens-je à toi, pour la millième fois, vers tes bras amis, qui s’entr’ouvrent, pour caresser mon front brûlant, qui voit disparaître la fièvre à leur contact ! Je ne connais pas ta destinée cachée ; tout ce qui te concerne m’intéresse. Dis-moi donc si tu es [ page ]la demeure du prince des ténèbres. Dis-le moi… dis-le moi, océan (à moi seul, pour ne pas attrister ceux qui n’ont encore connu que les illusions), et si le souffle de Satan crée les tempêtes qui soulèvent tes eaux salées jusqu’aux nuages. Il faut que tu me le dises, parce que je me réjouirais de savoir l’enfer si près de l’homme. Je veux que celle-ci soit la dernière strophe de mon invocation. Par conséquent, une seule fois encore, je veux te saluer et te faire mes adieux ! Vieil océan, aux vagues de cristal… Mes yeux se mouillent de larmes abondantes, et je n’ai pas la force de poursuivre ; car, je sens que le moment venu de revenir parmi les hommes, à l’aspect brutal ; mais… courage ! Faisons un grand effort, et accomplissons, avec le sentiment du devoir, notre destinée sur cette terre. Je te salue, vieil océan !
SOL/RE
Vengu versu tè, muntagna immaculata
RE/LA min/DO
Vengu versu tè, portu in la mio scarpata
DO/SOL
A voglia di campà cùn tè.
SOL/RE
Vengu versu tè, per scopre sta surghjente
RE/LA min/DO
Di vita e d'amore, chi darà a la ghjente
DO/SOL
A voglia di campà cùn tè.
SOL
Cume l'acellu feritu
SOL/RE
Ch'un po piu gulà
RE/LA min
Cume un populu unitù
LA min/DO
Ch'un po piu campà
DO/SOL
Ch'un po pio campà senza tè.
SOL/RE
A culomba bianca di rossu hè taccata
RE/LA min/DO
U populu hè stancu di la so strazziata
DO/SOL
E vene versu tè.
SOL/RE
Vene versu tè, contra l'alienazione
RE/LA min/DO
Vene versu tè, per a Corsica Nazione
DO/SOL
Chi sera libera incù tè.
SOL
Cume l'acellu feritu
SOL/RE
Ch'un po piu gulà
RE/LA min
Cume un populu unitù
LA min/DO
Ch'un po piu campà
DO/SOL
Ch'un po pio campà senza tè.
SOL/RE
O muntagna cara per lu nome chi porti
RE/LA min/DO
Tanti e tanti populi pienghjenu li so morti
DO/SOL
Ma venimu versu tè.
SOL-RE/LA min
Ghjè stu nome chi ribomba
LA min-DO/SOL
Ghjè stu nome chi ci porta
SOL-RE/LA min
U to nome un' hè farzu
LA min-DO/SOL
Chi ti chjami LIBERTA